NOTHOMB Pierre

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Le baron Pierre Nothomb, né le 2 mars 1887 à Tournai et décédé le 29 décembre 1966 à Habay-la-Neuve, est un écrivain et homme politique belge. Il était le fils de Paul Nothomb (1855-1916), conseiller à la Cour d'Appel de Bruxelles, et d'Eugénie de le Court.

Devenu docteur en droit et avocat, Pierre Nothomb délaissa bientôt un cabinet d'avocat d'affaires pour se consacrer pleinement à la littérature et la politique. 
Nothomb a vingt ans à peine quand il signe ses premiers écrits (notamment la Morte, un acte en vers, datant de 1907). Il se consacre bientôt à la revue Durendal qui fut aussi maison d'édition.
Durant la Première Guerre Mondiale, il est attaché au gouvernement belge à Sainte-Adresse et rédige de la propagande : Les Barbares en BelgiqueLa Belgique martyreLe Roi Albert.
À l'issue de la guerre, il fonde le mouvement La grande Région qui prône la création d'un État regroupant le Grand-Duché de Luxembourg, une partie de l'Allemagne (Eifel), des Ardennes françaises et du Limbourg hollandais (ce qui amènera l'état-major hollandais à préparer une attaque militaire contre la Belgique). Albert Ier fustige cette politique.

Il se partage entre Bruxelles et l'Ardenne, fonde l'Académie belgo-luxembourgeoise (1948), relance la cérémonie de la Bénédiction de la forêt à l'automne, à la forêt d'Anlier. Père de 13 enfants, Pierre Nothomb, actif sur le plan littéraire et politique, acquiert le Pont d'Oye à Habay-la-Neuve, un ancien domaine de maître de forges où il reçoit de nombreux écrivains et où il est inhumé.

Il est l'auteur d'un grand nombre de poèmes, essais, romans biographies où se mélangent sa foi profonde et un amour presque immodéré et sensuel de la vie. Marisabelle, (1920). L'Arc-en-ciel (1909), Porte du cielClairière (1941), L'Été d'octobre (1963), Pater alterné (1950) , Élégie du solstice (1959). Cette abondance diffuse est compensée, comme dans Terrasse (1957), par sa toute simple sincérité. Sa force de conviction, son esprit vif, sa sensibilité exacerbée et son attachement viscéral à la terre font de lui un passionné déterminé.

Pierre Nothomb apparait comme la figure de proue des mouvements nationalistes nés au lendemain de la Première Guerre mondiale. En 1919, Il fonde le Comité de Politique nationale (C.P.N.): il regroupait des généraux, des hommes d'affaires, des juristes, des hommes de lettres, des politiciens (et même quelques socialistes). Mais l'engouement pour ce premier mouvement s'estompe rapidement après l'échec des plans d'annexion du Limbourg 'hollandais' et du grand-duché de Luxembourg. Nothomb se tourne de plus en plus vers les problèmes de politique intérieure avec un discours résolument de droite. Son nationalisme perd alors la majorité de ses premiers adhérents, et il essaye de compenser cette perte d'influence par un discours de plus en plus violent. C'est dans cette optique que l'Action nationale sera créée.
C'est au début de 1924 que Pierre Nothomb et ses amis fondent la fédération d'Action nationale avec pour objectif de fédérer les divers groupuscules nationalistes. Le premier numéro de l'Action nationale, qui succède au Politique comme organe du C.P.N., paraît le 12 avril 1924 et entend influer sur la vie politique intérieure belge. La tendance, elle, est au catholicisme autoritaire, teinté de maurrassisme et de nationalisme corradinien. L'hebdomadaire est caractérisé par une hostilité farouche envers la démocratie parlementaire. L'ennemi par excellence est le marxisme fondé par le "juif boche" Karl Marx. Le mouvement était avant tout antisocialiste et manifestait une grande admiration pour Mussolini. L'idéologie restait plutôt vague, le programme positif prévoyait un gouvernement fort, responsable devant le roi plutôt que devant le parlement et la création d'organes corporatistes à compétences législatives.
L'Action nationale s'appuyait sur une organisation créée en 1925, les "Jeunesses nationales" (1925-1932). Comptant quelque deux à trois milliers de membres, principalement des élèves des collèges catholiques âgés de seize à dix-neuf ans. Ils ne portaient pas d'uniforme mais un insigne. Ils étaient de service lors des meetings, vendaient le journal, paradaient aux cérémonies patriotiques et se querellaient avec les socialistes et les nationalistes flamands. Leur plus célèbre action fut le saccage d'une exposition soviétique en janvier 1928.
Comme leader, P. Nothomb, "Napoléon de la marmaille" comme l'appelaient ses adversaires, n'a jamais bénéficié d'un réel prestige. De plus, cet adversaire du parlementarisme essaiera plusieurs fois d'entrer au parlement (1925 et 1929, sur les listes catholiques), ce qui créera une certaine confusion au sein des membres du mouvement et contribuera à sa disparition.
C'est le 9 août 1930 que paraît le dernier numéro de l'Action nationale. Les troupes de Nothomb s'effritent alors rapidement. Lorsque Nothomb engage ses derniers fidèles, souvent d'origine libérale, à rejoindre le parti catholique et ses Jeunes Gardes, c'est la débandade.
Il sera sénateur pour le Parti catholique de 1936 à 1946 et du Parti Social Chrétien de 1946 à 1965. Il est également conseiller communal à Saint-Josse-ten-Noode (1932-1936) et à Habay-la-Neuve (1938-1958).
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